Hypotonie - ART 21 - Association Romande Trisomie 21

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Publié le 15 septembre 2011

Hypotonie

Descriptif

Articles et interviews

1990 – H. Fonsny & M.T. Lysens. 1990

Un bébé atteint de trisomie subit l’emprise du chromosome 21 surnuméraire qui provoque des anomalies fonctionnelles; celles-ci expliquent la lenteur de son développement psychomoteur. La lenteur est une composante de sa personnalité. Pourquoi cette lenteur à soutenir sa tête, à suivre des yeux ?

Selon Rondal et Lambert , indépendamment de  la longueur de la période de gestation, les nouveaux-nés atteints de trisomie sont d’une taille et d’un poids inférieurs à la moyenne.

Ils sont en général très hypotoniques : la tension des muscles de leur corps, réglée au niveau du système nerveux central (cerceau et cervelet, notamment), est inférieure à la normale.

Cette hypotonie est importante et généralisée.

Elle affecte tous les muscles du corps et est particulièrement impressionnante jusqu’à  l’âge de 6 mois : les muscles de l’enfant sont très mous et peu consistants lorsqu’on les palpe.

Après 6 mois, l’hypotonie diminue souvent, mais pas toujours complètement.

Les réflexes et les automatismes dits primitifs disparaissent plus tardivement chez l’enfant atteint de trisomie que chez l’enfant normal.

Cela signifie que si l’on presse ou si l’on touche la paume de la main ou la plante du pied du bébé, il fléchit fortement les doigts de la main, d’une part (on parle de réflexe palmaire), et ceux du pieds d’autre part (on parle de réflexe plantaire).

Ces deux réflexes sont normalement présents à la naissance et disparaissent au bout de 4 à 6 mois pour le réflexe palmaire et de 5 à 10 mois environ pour le réflexe plantaire, sous l’effet de la maturation du système nerveux.

Cette disparition est bien sûr nécessaire pour que l’enfant puisse commencer à prendre en main ou à relâcher les objets, ainsi qu’à poser le pied sur le sol pour se soutenir et apprendre les mouvements de la marche.

De la même façon, si l’on surprend le bébé en le touchant sur le ventre alors qu’il est couché sur le dos, en lui saisissant brusquement les bras ou les jambes avant de les relâcher, ou encore en produisant un bruit violent à proximité de lui, il répondra en écartant brusquement les bras avant de les ramener rapidement vers l’avant dans un mouvement d’embrassement (on parle du réflexe de Moro). Ce réflexe disparaît graduellement au cours de la première année.

Enfin, si on tient le bébé, en position debout, au contact du sol, il esquisse les mouvements de la marche d’une façon rythmique. Ce réflexe primitif est appelé « marche automatique »  et disparaît normalement après les premiers mois pour faire place à l’apprentissage lent et graduel de la marche volontaire à travers les différentes étapes qui caractérisent ce développement.

Cette disparition plus lente des réflexes et automatismes primitifs signale et traduit les difficultés du développement physique et moteur des enfants atteints de trisomie 21. Elle est due à un retard de maturation du système nerveux. Certains auteurs pensent également que ce retard est causé, au moins en partie, par l’hypotonie des enfants.

Cette dernière est sans doute aussi responsable de la faiblesse de certains réflexes et de certaines réponses motrices, tels le « réflexe patellaire » (la jambe se tend lorsqu’on frappe le ligament du genou), la « réponse de traction » (on saisit les mains du bébé couché sur le dos et on les tire vers le haut; il résiste, normalement à l’extension des avants-bras en contractant les muscles des bras et des épaules et le haut du corps suit le mouvement vers le haut), et la « réaction à la suspension ventrale » (suspendu horizontalement, tête penchée vers le bas, le bébé relève  normalement la tête en contractant les muscles du cou et les muscles du dos, ce qui rend son dos plat – cette réponse est très affaiblie chez beaucoup de bébés atteints de trisomie 21.

Ainsi, dès les premiers jours, le développement physique et moteur de l’enfant est considérablement gêné et retardé par l’hypotonie et l’immaturité du système nerveux.

Ce retard de développement sur le plan moteur varie notablement selon l’importance de l’hypotonie (J.A. Rondal &, J.L. Lambert, 1985).

L’hypotonie musculaire associée à la laxité ligamentaire a comme conséquence une mobilité excessive des articulations. Par ailleurs, beaucoup d’études ont montré que la maturation osseuse était nettement retardée par rapport aux normes.

Ce retard de maturation se produit principalement, semble-t-il, pendant la période prénatale et durant les trois premières années de la vie.

Ceci expliquerait l’aspect court des membres et de la taille enfin de croissance, ces derniers étant inférieurs aux normes.

Cette maturation osseuse perturbée retentirait sur le développement musculaire et induirait en partie l’hypotonie musculaire.

Pour se développer le bébé atteint de trisomie aura donc besoin d’être stimulé, encouragé … car sans éducation sensorimotrice, les acquisitions élémentaires se feront avec un retard plus important, entraînant un retard de l’éveil psychique et intellectuel. Nous savons, en effet, que dès la première enfance, l’éveil psychique est lié à l’activité motrice.

Pour aider l’enfant à progresser, il faut respecter le rythme de ses journées, choisir les moments où il semble le plus réceptif. Il s’agit de le stimuler tout en tenant compte des stades de son évolution.

Inutile de brûler les étapes et d’essayer par exemple de le faire marcher s’il ne tient pas encore assis.

A chaque stade de son développement correspondent des exercices adaptés afin d’aider au développement de la musculature de l’axe corporel, favoriser les déplacements au sol, puis à la verticale … et aider l’enfant à passer aisément d’une position à une autre tout en gardant un bon équilibre.

Le contrôle de la musculature se développe dans le sens céphalo-caudal.

Ceci veut dire que l’enfant va exercer le contrôle des mouvements de la nuque, puis du tronc et du bas du dos, pour arriver enfin à se tenir sur les jambes.

Au niveau des membres, le contrôle de la musculature se fait dans le sens proximo-distal, les articulations des épaules et des hanches sont déliées avant celles des coudes et des genoux; les poignets et les chevilles sont contrôlés plus tardivement pour favoriser des mouvements plus fins et mieux adaptés.

Il est donc important d’exécuter des exercices précis avec l’enfant.

La kinésithérapeute d’un service d’aide précoce peut intervenir ici afin de conseiller des exercices.

 

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