Information sur la santé et la prises en
charge
Information générales concernant la santé et la prise en charge des
personnes atteintes de trisomie 21. La prise en charge des enfants atteints de trisomie permet d'obtenir des progrès considérables sur
les plans du développement du langage et du comportement. Pour mener à
bien cette prise en charge, il est nécessaire d'établir un véritable
partenariat entre la famille et les acteurs de la rééducation.
Mieux comprendre l'ergothérapie
Par Line Parent, Ergothérapeute. Paru dans L'intégral. Janvier 2000.
Qu'est-ce que l'ergothérapie? Votre enfant est peut-être suivi ou
a déjà été suivi en ergothérapie? Qu'est-ce que l'ergothérapie a à
offrir à votre enfant qui diffère des autres disciplines de réadaptation
telles que la physiothérapie ou l'éducation spécialisée?
J'essaierai dans ce bref exposé de répondre à ces questions.
DÉFINITION
L'ergothérapie est une discipline médicale qui a comme mandat
d'offrir des services qui aideront l'enfant à acquérir son plein
potentiel développemental par l'utilisation d'activités significatives
pour l'individu et par l'analyse d'activités comme éléments
d'intervention.
Les stratégies que nous mettons en œuvre, en ergothérapie, ont pour
but de prévenir ou d'améliorer les retards de développement, maximiser
le potentiel de l'enfant et aider les parents à s'ajuster aux défis de
la vie quotidienne aussi bien à la maison que dans sa communauté (école,
quartier, etc.). Le rôle de l'ergothérapeute est de fournir du support
et d'éduquer les parents sur la condition de leur enfant et de son
impact sur son développement, de fournir de l'intervention précoce,
ainsi que tout au long de son développement afin que leur enfant puisse
atteindre son plein potentiel.
Puisque les services offerts en ergothérapie varient selon l'âge et
le niveau de fonctionnement, c'est-à-dire selon les habiletés de votre
enfant, je décrierai brièvement le rôle de l'ergothérapeute à travers
les différents stades de développement de l'enfant. Il est également
important de noter que chaque enfant trisomique est unique et a par
conséquent des besoins spécifiques. Par exemple, votre enfant a
peut-être une malformation cardiaque ou souffre de convulsions. Les
demandes faites auprès de votre enfant par l'ergothérapeute ainsi que
ses attentes du point de vue développemental seront alors différentes.
Voici quelques-unes des caractéristiques qui sont généralement présentes
chez l'enfant trisomique et qui influenceront l'intervention de
l'ergothérapeute:
- Diminution du tonus musculaire qui affecte la tête et le cou, le
tronc, les bras et les jambes. (Tout petit l'enfant adopte la
position « d'une grenouille », i.e. les bras et les jambes seront
fléchis de part et d'autres de son corps avec très peu de mouvements
près du centre de son corps).
- Force musculaire diminuée. (L'enfant aura de la difficulté à
effectuer des mouvements contre gravité).
- Laxité des articulations.
- Dislocation atlanto axiale (présent chez 12 à 20 % des enfants
trisomiques). Si c'est le cas, certains mouvements ou manipulations
seront à proscrire.
- L'enfant a une petite taille (i.e. les bras et les jambes sont
plus courts que la normale).
- Retard dans les différentes sphères de son développement,
cependant le degré varie d'un individu à l'autre.
- Problème au niveau de la succion et du contrôle oral.
- Problème de vision fréquent. Si présent et non évalué par
l'ophtalmologiste pédiatrique, ceci aura un impact sur le
développement de l'enfant (ex. Atteindre et manier des jouets,
exploration de son environnement, etc.).
À tout âge, l'ergothérapeute travaille en étroite collaboration avec
les parents de l'enfant, afin de:
- Déterminer ce qui aux yeux des parents est le plus important
d'acquérir chez leur enfant.
- Établir un plan de traitement et fournir un programme
d'ergothérapie qui tient compte des besoins spécifiques de l'enfant.
- Démontrer des activités et diverses techniques de manipulation
ou de réadaptation afin d'obtenir les buts escomptés.
En lisant la brève description de l'intervention qu'apportait
l'ergothérapeute auprès des enfants de 0 à 2 ans, vous vous demanderez
sans doute qu'est-ce qui nous diffère de la physiothérapie? Lors de la
première année de développement de votre enfant, l'ergothérapeute
utilisera peut-être des activités semblables à celles utilisées en
physiothérapie, cependant elle le fera pour des buts bien différents.
Par exemple, l'ergothérapeute placera peut-être votre enfant sur le
ventre afin de pouvoir soulever sa poitrine le plus haut possible, afin
que l'enfant puisse développer une meilleure force et stabilité aux
épaules. Ceci deviendra très important pour le développement de la
motricité fine de l'enfant, lui permettant de stabiliser ses épaules
tout en manipulant des jouets.
La physiothérapeute utilisera la même activité afin que l'enfant
puisse atteindre cette étape développementale importante qui lui
permettra éventuellement de se traîner par terre. Il y a donc
chevauchement entre les services rendus en ergothérapie et en
physiothérapie la première année de vie de l'enfant. Par la suite, la
physiothérapie travaillera l'acquisition des habiletés motrices globales
(s'asseoir, se lever, marcher, etc.) et l'ergothérapeute travaillera
principalement la motricité fine, le développement perceptivo-cognitif,
les activités de la vie quotidienne et le jeu. Certains centres
pédiatriques offrent les services de physiothérapie d'abord à l'enfant
trisomique de 0 à 1 an, puis l'ergothérapeute intervient par la suite.
En collaboration avec le professeur, l'éducateur spécialisé et
l'orthopédagogue, l'ergothérapeute peut adapter les activités proposées
par le professeur de l'enfant, afin de réduire certaines des difficultés
que l'enfant éprouve (ex. Difficultés perceptivo-cognitives, difficultés
motrices ou sensorielles). De façon concrète, l'ergothérapeute pourra
suggérer que l'enfant écrive ou dessine sur un plan incliné car l'enfant
à de la difficulté à maintenir son poignet tendu. Ceci améliora
grandement la qualité de sa calligraphie. L'ergothérapeute pourrait
également suggérer que l'enfant découpe à l'aide de ciseaux sur du
papier de construction ou des pailles afin d'augmenter la force dans ses
doigts. De par sa formation, l'ergothérapeute pourra également suggérer
de simplifier une quelconque tâche ou tout simplement d'utiliser
différentes stratégies pour enseigner une certaine activité à l'enfant.
Elle pourra suggérer que certaines activités soient enseignées à
l'enfant par séquences jusqu'à l'obtention du but visé. Elle pourra
également suggérer l'utilisation d'adaptation afin de favoriser une plus
grande autonomie chez l'enfant.
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NOUVEAU NÉ À 2 ANS |
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PROBLÈMES: |
INTERVENTIONS:
(L'ERGOTHERAPEUTE TRAVAILLERA) |
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L'enfant a de la difficulté à maintenir ou à adopter une posture
contre gravité. |
Améliorer le contrôle de la tête dans diverses
positions.
Faciliter les réactions posturales en utilisant des
activités qui déplacent le centre de gravité et qui
requièrent des réactions de protections (ex. à plat ventre
ou assis sur un ballon d'exercice ou sur toute autre surface
instable) |
|
L'enfant a une diminution de force et de contrôle proximal
l'empêchant: d'atteindre des jouets placés devant, au-dessus de
lui, de rouler, de se traîner par terre à l'aide de ses bras et
de ses jambes, etc. |
Améliorer le contrôle proximal des bras et des jambes
afin que l'enfant puisse atteindre les jouets placés à côté
de lui, suspendu au-dessus de lui, qu'il amène ses bras et
ses jambes ensemble au milieu de son corps, qu'il puisse
pousser contre ses avant-bras afin de soulever sa poitrine
lorsqu'il est sur le ventre, etc. |
|
L'enfant tourne toujours sa tête du même côté, utilise toujours
le même bras/jambe pour s'aider à rouler, utilise toujours le
même bras/jambe pour atteindre des jouets |
Prévenir les asymétries, en positionnant l'enfant de
façon à tourner sa tête de l'autre côté, encourager l'enfant
à rouler des deux côtés, encourager l'enfant à atteindre et
manipuler des objets avec le bras/jambe qu'il néglige ainsi
qu'avec ses 2 mains. |
|
L'enfant est constamment sur son dos. |
Encourager l'enfant à se mobiliser (i.e. rouler, ramper,
adopter la position 4 pattes, etc.) L'aide physique fournie
peut être importante au début puis diminue au fur et à
mesure que l'enfant développe un meilleur contrôle ou
acquiert de nouvelles habiletés. |
|
L'enfant semble peu intéressé par ce qui l'entoure, berce sa
tête d'un côté à l'autre ou la cogne vers l'arrière. |
Faciliter l'organisation sensorielle. En utilisant des
textures différentes pour masser ou caresser l'enfant, en
utilisant des jouets de couleurs contrastantes (0 à 6 mois),
de textures et de grosseurs variées. En utilisant des jouets
sonores. En berçant l'enfant lorsqu'il est dans nos bras, en
le plaçant sur un ballon d'exercice, etc. En fournissant à l'enfant des stimulations sensorielles
adéquates nous encourageons l'enfant à bouger davantage. |
|
Diminution du contrôle oro-facial (contrôle anormal de la
langue, de la mâchoire, des lèvres et des joues), beaucoup de
liquide s'échappe de la bouche de l'enfant lorsqu'il au biberon,
ne mange que des textures lisses, etc. |
Afin d'aider l'enfant à avoir un meilleur contrôle oro-facial,
l'enfant sera bien positionné (assis droit) et la thérapeute
utilisera des techniques pour faciliter la boit fermeture
des lèvres ou la contraction musculaire orale et les
mouvements de la langue. |
|
L'enfant prend et manipule des jouets de façon grossière. |
Améliorer la préhension de l'enfant en encourageant des
activités pour lesquelles l'enfant doit prendre appui sur
ses avant-bras ou ses mains, qui requièrent diverses
préhensions, etc. |
|
L'enfant démontre peu de variété dans son jeu (il met tout jeux
dans sa bouche même s'il a 20 mois) |
L'ergothérapeute guidera l'enfant à participer à des
constructifs, encouragera l'enfant à imiter des gestes ou
une activité (ex. Action-réaction), etc. |
| DE 2 ANS À 3 ANS |
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| PROBLÈMES: |
INTERVENTIONS:
(L'ERGOTHERAPEUTE TRAVAILLERA) |
| L'enfant a une
diminution de sa force et du contrôle proximal l'empêchant:
de bien manipuler des objets tels qu'enfiler des perles de
bois, empiler des blocs, etc. |
Augmenter le contrôle proximal en utilisant des
activités telles que faire la charrette, prise en charge
sur les mains et les bras alors que l'enfant est à plat
ventre sur un ballon, etc. |
| L'enfant est
souvent penché vers l'avant lorsqu'il est assis. |
Améliorer le contrôle de la tête et du tronc lors
d'activités telles que: faire des activités à plat
ventre (casse-tête, griffonner, etc.) |
| L'enfant
n'utilise pas encore le crayon et les ciseaux. |
Introduction à différents outils tels les ciseaux et
le crayon (activités simples). |
| L'enfant
participe à des jeux constructifs simples seulement. |
Introduction aux jeux constructifs plus élaborés et
à des activités perceptivo-cognitives telles que
l'apprentissage des formes, des grandeurs, des couleurs,
des relations spatiales, du schéma corporel, des
nombres, etc. |
| L'enfant enlève
partiellement ses vêtements, il tient mal ses ustensiles
lorsqu'il mange, etc. |
Augmenter l'autonomie chez l'enfant afin qu'il
puisse enlever des vêtements sans fermeture, boutonner
et déboutonner des boutons larges lorsque le vêtement
est placé devant lui.
Encourager l'enfant à mieux tenir ses ustensiles
(techniques pour faciliter). |
| Diminution du
contrôle oro-facial |
Afin d'aider l'enfant à avoir un meilleur contrôle
oro facial, l'enfant sera bien positionné (assis droit)
et la thérapeute utilisera des techniques pour faciliter
la fermeture des lèvres ou la contraction musculaire
orale et des mouvements plus matures de la langue. |
| DE 3 ANS À 5 ANS |
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| PROBLÈMES: |
INTERVENTIONS:
(L'ERGOTHERAPEUTE TRAVAILLERA) |
| L'enfant utilise
autant sa main droite que sa main gauche pour manier des
objets, un crayon ou les ciseaux. |
Etablir la dominance. |
| L'enfant tient
son crayon de façon non mature. |
Encourager l'enfant à tenir son crayon de façon
mature. Encourager l'enfant à isoler les mouvements de son
bras (poignet-doigts).
Initiation aux activités de la pré-écriture (ex.
Copier des formes et lettres simples, colorier avec
direction et avec une plus grande précision). |
| L'enfant utilise
seulement les ciseaux pour des découpages simples
(non-orientés). L'acquisition des concepts
perceptivo-cognitifs est immature. |
Encourager l'enfant à découper, à l'aide de ciseaux,
sur des lignes étroites, des courbes puis des formes
géométriques simples tout en stabilisant le papier avec
son autre main. Favoriser une meilleure acquisition des concepts
perceptuels plus complexes (ex. Afin que l'enfant puisse
identifier les directions telles que en-haut/en-bas,
derrière/devant, reproduire des structures de blocs plus
complexes, etc.) |
| Des difficultés
sont notées au niveau du tonus musculaire, et/ou de
l'intégration de réflexes primitifs, et/ou du contrôle
postural, et/ou de la qualité des mouvements (plus
particulièrement au niveau des bras), et/ou de la
kinesthésie (perception du mouvement), et/ou de la
proprioception, et/ou de l'intégration sensorielle et/ou du
contrôle oro- moteur |
La thérapeute
sélectionnera des activités afin de:
- Améliorer le tonus musculaire et le contrôle
postural.
- Favoriser l'intégration des réflexes primitifs.
- Améliorer chez l'enfant sa perception du mouvement
afin de favoriser une meilleure coordination.
- Favoriser une meilleure intégration sensorielle.
- Améliorer le contrôle oro-moteur.
|
| L'enfant
participe peu aux activités de la vie quotidienne. |
Promouvoir une plus grande autonomie dans les
activités de la vie quotidienne, par exemple afin que
l'enfant puisse manier une plus grande variété de
fermetures, utiliser correctement et de façon appropriée
des ustensiles, ouvrir et fermer divers contenants (ex.
Boîte à jus) |
| L'enfant a peu de
contacts avec d'autres enfants de son âge. |
Selon l'âge de l'enfant, l'intégrer dans une
garderie ou dans un programme préscolaire, avec l'aide
d'une éducatrice, afin de favoriser la socialisation,
travailler des prérequis scolaires, etc. |
| ÂGE SCOLAIRE (5 ANS ET
PLUS) |
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| PROBLÈMES: |
INTERVENTIONS:
(L'ERGOTHERAPEUTE TRAVAILLERA) |
| L'enfant démontre
de la difficulté à manier son crayon, et/ou démontre une
pauvre calligraphie. |
Les prérequis à l'écriture seront travaillés.
L'ergothérapeute outillera l'enfant, au besoin,
d'adaptation pour faciliter la préhension du crayon,
travaillera la force dans la main dominante et la
dissociation des doigts afin d'exécuter des mouvements
précis des doigts si jugé nécessaire.
Déterminera le besoin d'utiliser un ordinateur comme
outil pour suppléer à une pauvre calligraphie. |
| L'enfant démontre
des difficultés à intégrer des notions académiques qui sont
reliées aux difficultés perceptivo- cognitives qu'il
éprouve. |
Travailler les notions perceptivo-cognitives.
En collaboration avec l'orthopédagogue et/ou
l'accompagnatrice de l'enfant et de ses parents,
élaborer des stratégies afin de faciliter une
intégration de ses notions académiques. |
| L'enfant démontre
des immaturités développementales (ex. L'enfant est souvent
couché sur son pupitre, n'aime pas écrire au tableau, met
ses doigts constamment dans sa bouche, est facilement
distrait, etc.). |
Travailler les acquis développementaux. Par exemple,
proposer des activités qui pourront être faites en
classe, ou lorsque l'enfant est seul avec
l'accompagnatrice ou ses parents, afin de favoriser une
meilleure intégration sensorielle, d'améliorer son
contrôle moteur, d'améliorer l'acquisition des habiletés
perceptivo-cognitives, de favoriser une plus grande
autonomie au plan psychosocial (ex. Comportement,
transition d'une activité à une autre, habileté sociale
- attendre son tour, demeurer en rang avec ses camarades
de classe, etc.) |
| L'enfant démontre
des immaturités dans ses activités de la vie quotidienne
(ex. S'habiller, manger à l'aide d'ustensiles, etc.) |
Revoir les stratégies pour faciliter l'habillement,
l'utilisation d'ustensiles, etc., avec l'enfant. Si
après maintes tentatives l'enfant n'arrive pas à
acquérir une plus grande autonomie dans ses activités de
la vie quotidienne, l'ergothérapeute peut suggérer
l'utilisation d'aide à l'autonomie ou d'adaptations. |
DE L'ÉCOLE À LA VIE ADULTE
Les écoles spéciales sont mandatées afin de permettre la transition
des services de tous les étudiants en éducation spécialisée, lors de
leurs entrée à l'école secondaire, de faciliter la transition de l'école
secondaire au travail ou à la poursuite de l'éducation de l'enfant,
d'augmenter l'autonomie résidentielle, et de permettre au jeune de
s'intégrer dans sa communauté (ex. Avoir accès au transport, services et
activités de récréation et de loisir, permettre une plus grande
socialisation et favoriser les relations interpersonnelles). Dans les
écoles spécialisées, ces tâches sont souvent exécutées par des aides ou
des éducateurs spécialisés. L'ergothérapeute joue un rôle de consultant
la plupart du temps. L'ergothérapeute peut aider les étudiants
trisomiques ayant des incapacités (motrices, sensorielles,
intellectuelles, etc.) à exécuter des rôles essentiels et des activités
dans des situations réelles (et non lors de mises en situation). Elle
participe également à l'élaboration de plan d'intervention personnalisé
(PIP) avec le professeur, l'aide, les parents et tout autre intervenant.
L'ergothérapeute peut également offrir ses services au jeune adulte
trisomique afin d'obtenir et maintenir un emploi dans sa communauté,
vivre dans sa communauté et participer dans des activités sociales et
récréatives.
Cependant dans nos écoles régulières au Québec, où l'enfant
trisomique est intégré, il y a très peu d'ergothérapeutes. Espérons que
dans un proche avenir l'ergothérapeute sera mieux connu et reconnu en
milieu scolaire, afin de former une équipe avec les autres intervenants
scolaire et aider les enfants trisomiques, ou tout autre enfant avec des
besoins particuliers, pour que leur cheminement académique soit une
expérience positive et enrichissante.
J'espère que la brève description que j'ai faite de la profession de
l'ergothérapeute saura vous aider à comprendre quelques-uns un des rôles
qu'elle peut jouer auprès de votre enfant.
Protrusion linguale
Article publiée par l'Association de Parents d'Enfants trisomiques 21
(APEM-T21) en Belgique.
Karen Henderson Orthophoniste, Cheeverstown House, Templeogue, Dublin
Traduit avec l’autorisation de « Down Syndrome Ireland », winter 2004,
5-6. Traduction : M.N. Vanherle
La protrusion linguale est intimement liée au Syndrome de Down et
régulièrement citée parmi ses caractéristiques. On a toujours pensé
qu’elle avait pour cause la présence d’une macroglossie importante, mais
on penche aujourd’hui davantage pour l’hypothèse d’une combinaison de
facteurs physiques et de développement propres à chaque individu.
Les mouvements de la langue doivent être envisagés dans le contexte du
corps tout entier. Toutes les parties du corps sont liées ; ainsi, des
facteurs susceptibles d’influencer le développement moteur « normal »
dans une partie du corps peuvent également affecter la bouche. Pour
progresser dans ses mouvements et ses capacités, il faut avoir un tronc
stable. Sans cette stabilité, notre fonction est affectée. Prenons le
cas d’un bébé : les mouvements de son corps, d’abord incontrôlés et
aléatoires, deviennent plus organisés lorsque le bébé apprend à
maîtriser les différentes parties de son corps. Une fois la stabilité du
tronc acquise, des parties du corps telles que les bras, les jambes et
la tête peuvent exécuter des mouvements plus précis. Par exemple, avant
qu’un enfant puisse toucher un objet et le prendre en main, il doit
acquérir le contrôle de ses épaules et de son tronc.
Suivant le même schéma, la stabilité orale dépend de la stabilité du cou
et des épaules, qui dépend à son tour de celle du tronc et du bassin. La
stabilité de la mâchoire permet de contrôler les mouvements de la langue
et des lèvres, et c’est en développant les mouvements de la langue que
l’enfant va commencer à sentir de lui-même la place naturelle de la
langue dans sa bouche (par ex. au milieu).
Il ne faut jamais oublier que tous les enfants porteurs d’une trisomie
21 n’ont pas la langue qui sort, mais que cela fait également partie des
premières phases du développement. S’il y a accentuation ou persistance,
un ou plusieurs des facteurs suivants peuvent être en cause :
- Bébés, les enfants porteurs d’une trisomie 21 tètent plus
difficilement et apprennent à maîtriser le flux de liquide en
sortant la langue.
- Les personnes porteuses d’une trisomie 21 ont un palais dur plus
petit et plus courbé ; leur langue se trouve donc dans un espace
plus restreint que la moyenne.
- Le tonus musculaire de leur langue est inférieur à la moyenne.
Elle paraît dès lors plus large parce qu’elle est plus molle. Les
mouvements de la langue dépendent de l’action de toute une série de
muscles dans la bouche ; ils interviennent dans la déglutition, la
respiration, la mastication et la parole. Les personnes porteuses
d’une trisomie 21 ont du mal à produire et à coordonner les
mouvements nécessaires au contrôle de la langue.
- Au cours du développement, la langue pousse à un rythme
différent des autres parties du visage telles que la mâchoire, ce
qui explique que durant les premières années, la langue se trouve
placée dans le haut de la bouche, à l’avant. Ce facteur, associé à
un espace oral restreint et à un faible tonus musculaire de la
langue, peut avoir pour conséquence une protrusion linguale.
- Les muscles de la langue corrigent et ajustent constamment la
position de la langue dans la bouche, en se basant sur les
informations sensorielles qu’elle reçoit. Beaucoup d’enfants
porteurs d’une trisomie 21 ont des difficultés à recevoir et à
intégrer les données sensorielles, et acquièrent ces aptitudes plus
tard, parfois de façon incomplète. Par conséquent, ils ne
s’aperçoivent pas toujours que leur langue sort.
- La protrusion linguale peut également venir d’une incapacité à
faire bouger la mâchoire indépendamment de la langue. C’est une
aptitude que l’on acquiert au fil du temps et qui dépend de la
stabilité de la mâchoire. Sans celle-ci, lorsque la mâchoire
inférieure s’abaisse, la langue sort.
- La protrusion linguale peut résulter d’une obstruction partielle
des voies respiratoires due à des végétations ou à des amygdales
gonflées, fréquentes chez les personnes porteuses d’une trisomie 21.
- La capacité à corriger soi-même une protrusion linguale
nécessite un certain degré de discernement et de motivation. Ce
contrôle sur soi ne se développe pas toujours complètement ou peut
survenir bien plus tard, en fonction de l’âge de l’enfant et de son
niveau de développement.
- Les infections des voies respiratoires supérieures, obstruant le
nez de l’enfant, peuvent le forcer à respirer par la bouche plutôt
que par le nez. Lorsque l’on respire par la bouche, la mâchoire
s’abaisse et la langue n’est plus retenue à l’intérieur de la
bouche. Les infections peuvent être provoquées par des infections de
l’oreille moyenne, fréquentes chez les personnes porteuses d’une
trisomie 21 et se développent en raison d’un dysfonctionnement de la
trompe d’Eustache, située à l’arrière de la gorge et reliée à
l’oreille moyenne (son rôle est d’équilibrer la pression de l’air
des deux côtés du tympan). Si les muscles entourant l’entrée de la
trompe ont un faible tonus, des écoulemrnts se répandant rapidement
peuvent pénétrer dans l’oreille moyenne et provoquer une infection.
- Beaucoup d’enfants porteurs d’une trisomie 21 présentent un
retard de développement moteur et ne présentent par conséquent pas
de base stable sur laquelle se développent les aptitudes motrices
orales.
En travaillant avec des enfants porteurs d’une trisomie 21, j’ai pu
constater que la protrusion linguale représente généralement une phase
transitoire souvent liée à des périodes de poussée dentaire ou
d’infections de la gorge. Les cas de persistance reflètent un tonus
musculaire général bien inférieur à la moyenne et, par conséquent, un
plus grand retard au niveau du développement moteur oral. Ces enfants
ont besoin de plus de temps pour acquérir la faculté de se nourrir et de
boire, ce qui se manifeste par une réticence à passer d’aliments
quasi-liquides à des aliments en morceaux, et par un retard dans
l’aptitude à mordre et à mâcher. Ces deux actions nécessitent des
mouvements de mâchoire plus complexes et la capacité de bouger la langue
dans de nombreuses directions. C’est en encourageant l’enfant à mordre
et à mâcher sans danger qu’il progressera à son rythme dans ces deux
domaines.
Du point de vue du développement moteur oral, un certain nombre
d’objectifs sont envisageables. Même si le premier est d’améliorer les
aptitudes motrices orales, il y aura une réaction en chaîne au niveau de
l’alimentation et du développement du langage. Evaluez le niveau de
développement de votre enfant et voyez avec l’orthophoniste, le
physiothérapeute, l’ergothérapeute les étapes à travailler. Pour réduire
la protrusion linguale, votre enfant devra acquérir en tout ou en partie
les aptitudes suivantes :
- base centrale stable (c’est-à-dire, contrôle du tronc, de la
tête, etc.)
- augmenter le tonus musculaire de la bouche et du visage
- augmenter la sensibilité de la bouche
- affiner le mouvement des lèvres
- affiner le mouvement de la mâchoire
- affiner les mouvements de la langue
Comme vous pouvez le constater, de nombreuses choses peuvent être à
l’origine d’une protrusion linguale. Pour beaucoup d’enfants porteurs
d’une trisomie 21, ce n’est qu’un symptôme du retard de développement
généralisé qu’ils connaissent. Il est dès lors essentiel de procéder à
une évaluation complète afin d’assurer que l’on a choisi le moyen de
remédiation approprié. Il serait peu indiqué de travailler des aptitudes
que l’enfant n’a pas les facultés de maîtriser. Chez les enfants non
porteurs d’une trisomie 21, ces aptitudes motrices orales sont
généralement acquises avant 24 mois, mais étant donné le retard de
développement probable de votre enfant et ses difficultés dues à un
faible tonus musculaire, commencer des activités à cet âge risque
d’échouer. Chaque enfant présente un tableau clinique différent, c’est
la raison pour laquelle chaque thérapie entreprise devrait être adaptée
à l’individu. Il est très important de consulter un orthophoniste, un
ergothérapeute, un physiothérapeute afin d’avoir une vue d’ensemble du
développement physique, sensoriel et moteur oral de votre enfant, et
évaluer la nécessité de travailler au niveau de ceux-ci. Ces
spécialistes seront les plus à même de vous guider au fil du processus.
Si vous n’avez pas la possibilité de rencontrer des thérapeutes, vous
pouvez néanmoins suivre les suggestions ci-dessous. Proscrivez les
exercices si votre enfant présente une des situations suivantes :
végétations/amygdales gonflées, poussée dentaire, infections de la gorge
ou des voies respiratoires, etc. Choisissez un ou deux exercices pour
commencer, mais sachez que vouloir excécuter tous les exercices en une
séance peut être néfaste. Il arrive que les adultes soient excessivement
enthousiastes, et si l’enfant est incapable de coopérer aux exercices il
risque de se fermer à toute forme d’intervention à plus long terme.
C’est pourquoi vous devez absolument connaître les forces et les
faiblesses de votre enfant et le féliciter pour chaque tentative
effectuée. Certains enfants auront besoin de nombreuses séances
d’exercices et de démonstrations très claires pour bien comprendre ce
qu’ils doivent faire. Observez votre enfant et notez les situations où
sa langue sort, ce qu’il est en train de faire quand cela se produit,
combien de temps cela dure, s’il se corrige de lui-même, etc.
Soyez patient et prêt à recommencer l’activité de nombreuses fois.
Atteindre l’objectif fixé peut prendre du temps. Mais retenez avant tout
que cette activité doit être amusante !
Idées pratiques pour développer la sensibilité et le tonus
musculaire de la bouche :
- Ne faites pas toutes les activités en une fois.
- Ne lancez pas ces activités au moment du repas car cela pourrait
entraîner une aversion par rapport à la nourriture.
- Faites-lui faire ces exercices sur de courtes périodes de temps.
- Parlez tout au long de l’exercice, à chaque étape.
- Adoptez tous deux une position décontractée et confortable.
- Placez votre enfant dans une position stable et soutenue.
- Éliminez toute source de distraction potentielle telle que
télévision, radio, autres personnes etc.
- Faites des pauses pour que l’enfant puisse avaler la salive
accumulée.
- Ces exercices peuvent se faire à n’importe quel moment de la
journée, par exemple au moment du bain ou du séchage (en utilisant
un essuie, une éponge, un gant de toilette, etc).
- Renoncez-y si votre enfant est enrhumé.
- Interrompez la séance si votre enfant se montre stressé.
- Si votre enfant est sensible autour de la bouche, préparez-le
avant de faire un geste vers son visage. Avec des gestes lents et
fermes, caressez ses mains, ses bras, ses épaules, son corps et sa
nuque en utilisant un tissu un peu rêche (par ex. un essuie).
- Avec des gestes fermes, toujours avec le même tissu, commencez
par les côtés du visage, le front et le menton et progressez vers le
milieu du visage.
- Massez les joues en mouvements circulaires, en insistant sur la
zone près de la bouche.
- Avec deux doigts, maintenez fermement les lèvres inférieure et
supérieure closes. Tenez deux ou trois minutes, puis relâchez.
- Avec des mouvements fermes, appuyez sur la zone entre le nez et
la lèvre supérieure tout en poussant d’un doigt la lèvre inférieure
vers le haut.
- Avec le pouce et l’index, tirez la lèvre supérieure vers le bas,
en commençant juste sous le nez et en progressant vers la lèvre
(sans toutefois la toucher). Procédez de même avec la lèvre
inférieure, en partant du menton vers la lèvre. Soutenez le menton
si nécessaire.
- Maintenez les lèvres serrées en appuyant un index sous le nez et
l’autre sous la lèvre inférieure – faites tourner les doigts vers
les lèvres.
- Introduisez petit à petit des saveurs plus prononcées dans
l’alimentation de votre enfant :
- plats au curry, sauces chinoises, chips à l’ail, vinaigre, aïoli,
sauce Worcester, ketchup, etc.
- fruits et yaourts sûrs ou amers, kiwis, citrons, fruits des bois,
pamplemousses, airelles, etc.
- aliments très froids : glaces, glaçons
- Jouets qui font appel aux sens : balles avec reliefs (« Bumble
balls »), anneaux de dentition avec textures différentes / vibrants,
etc.
Idées pratiques pour exercer la mâchoire et la langue
- Lorsque vous nourrissez votre enfant à la cuillère, présentez-la
en diagonale dans la bouche, de façon à ce que la nourriture soit
placée au centre
- Pour stimuler la mastication et les mouvements latéraux de la
langue,
- Pour commencer, choisissez un moment où votre enfant est calme.
- Évitez de faire ces exercices au moment du repas.
- Utilisez des objets tels que des anneaux de dentition (striés,
etc.), des aliments qui ne se décomposent pas en bouche (aliments
durs que l’on peut mâcher sans qu’ils se cassent, fruits secs :
morceaux de banane, de pêche, abricots ; bâtons de réglisse, etc.)
- Posez l’objet dans la bouche, entre les dents, le long de la
mâchoire mais veillez à ne pas étirer les lèvres. Ne placez pas
l’objet trop loin pour éviter que votre enfant n’aie des
haut-le-cœur.
- Commencez par le bon côté puis passez à l’autre.
- Si votre enfant ne mâchonne pas l’objet, retirez-le légèrement et
avec douceur, ou poussez-le vers le bas.
- Lorsque vous sentez que votre enfant n’a plus de difficulté à
mordre un objet, faites de même avec des aliments. Commencez avec
des aliments qui se dissolvent (boudoirs, meringues, Snax etc.).
- si votre enfant n’en casse pas un morceau avec ses dents,
détachez vous-même un morceau pendant qu’il le mâche. Ne forcez pas
votre enfant à manger des aliments que sa bouche n’est pas prête à
recevoir.
- Au fil du temps, utilisez des aliments plus élastiques.
- Activités de souffle encourageant la rétraction de la langue :
- souffler dans un sifflet
- souffler des bougies
- faire des bulles
- souffler sur des boules d’ouate ou des balles de ping-pong afin de
les faire rouler sur
une table
Les exercices faciliteront également le souffle
- Soutiens nécessaires au langage :
- boire avec une paille est également un bon exercice. Assurez-vous
que l’enfant emprisonne bien la paille entre les lèvres plutôt
qu’avec les dents. Cet exercice permet également le travail des
muscles faciaux, les mouvements des lèvres, leur renforcement, la
fermeté de la mâchoire, une plus grande autonomie au niveau de
l’alimentation.
Idées pratiques pour exercer les mouvements des lèvres
- Devant un miroir, faites des « houou » (comme les fantômes, les
hiboux, les singes, le vent, etc.) et des « hiii » (comme des
souris, etc.) en exagérant le mouvement des lèvres. Vous devrez
peut-être pousser légèrement les lèvres d’une position étirée (comme
pour un sourire) à une position ronde (comme pour un baiser).
- Faites-lui faire des bisous. Vous devrez peut-être pousser
légèrement les lèvres d’une position étirée à une position ronde.
Mettez du rouge à lèvres ou du maquillage de grimage et faites lui
faire des marques de bisou sur un miroir, un mouchoir en papier, une
feuille, etc.
- Aspirez à l’aide d’une paille. Emprisonnez fermement la paille
entre les lèvres.
- Faites des bulles, soufflez sur des boules d’ouate pour les
faire avancer, soufflez dans un sifflet ou un mirliton, faites des
bulles dans l’eau avec une paille, etc.
L'avis de l'ophtalmologue
Par Luisa Gallay, Pédagogue en éducation précoce
spécialisée Rééducatrice de la vision fonctionnelle.
L’enfant trisomique 21 peut présenter une série de
problèmes visuels qui passent souvent inaperçus. Cela est d’autant plus
regrettable que leur traitement amène généralement une amélioration
notable de la vision et de la qualité de vie. les problèmes réfractifs :
la myopie, l’hypermétropie ainsi que l’astigmatisme se rencontrent de
façon significative. Ces phénomènes provoquent une vision altérée et
n’encouragent pas l’enfant à explorer l’univers qui l’entoure. La myopie
se caractérise par une vision trouble de loin ; les objets sont regardés
de très près et l’intérêt pour les sollicitations visuelles à distance
est peu marqué. L’hypermétropie forte provoque un flou visuel de près
comme de loin : l’enfant est alors jugé comme un “cassecou” fonçant tête
baissée dans un milieu inconnu ou, au contraire, n’osant pas faire un
pas tout seul comme “ collé dans les jupes de sa mère ”. L’astigmatisme
se caractérise par une déformation anormale de l’environnement affectant
principalement les courbes : par exemple, les astigmates confondent des
chiffres (0, 8, 9, 6…) et des lettres (R, P, B, D, O, C…).
l’insuffisance accommodative est souvent méconnue bien qu’elle
représente un des problèmes visuels les plus fréquents rencontrés dans
le cadre d’une trisomie 21. L’accommodation est la capacité de percevoir
nettement un objet de près. La presbytie est la perte naturelle de cette
aptitude et survient généralement vers 4045 ans; les bras sont alors
“trop courts pour lire le journal“ et il faut recourir aux lunettes,
“aux loupes”. Ce phénomène survient précocement chez un grand nombre
d’enfants trisomiques 21 et entraîne donc une incapacité à voir
correctement de près. Une fois diagnostiqué, il est nécessaire d’adapter
des lunettes “pour la lecture” (pour la vision de près) et, dans
certains cas, de prescrire des lunettes à double foyer : elles
permettent ainsi de voir de façon précise de près comme de loin. la
blépharite est une inflammation chronique située à la base des cils.
Très fréquente, elle entraîne une irritation et des démangeaisons. Le
phénomène est souvent décrit comme “un enfant se frottant toujours les
yeux”. Le traitement est aisé (antibiotique appliqué localement); il est
nécessaire mais ne supprime cependant pas le caractère chronique de
cette pathologie. D’autres problèmes ophtalmologiques existent dans le
cadre de la trisomie 21 comme la cataracte (de naissance ou du jeune
enfant), le kératocône (déformation anormale de la cornée), le strabisme
(alignements incorrect des axes visuels), l’amblyopie (“l’oeil paresseux
”)….
Il est important de consulter un ophtalmologue
lorsque un enfant présente une trisomie 21 ; en effet, le diagnostic et
le traitement précoce des problèmes oculaires sont indispensables pour
l’obtention d’une vision optimale en tant qu’adulte.
Le développement de la vision chez l'enfant trisomique
21
Pour tous les enfants la vue est extrêmement importante,
car nous obtenons 80% des informations de notre environnement par la
vision. Notre cerveau décode et retravaille ces informations en
constituant des images. Les expériences visuelles influencent le
développement visuel et donnent des impulsions au développement moteur,
langagier ou cognitif, ainsi qu’au développement affectif et au
comportement social. Le développement visuel conditionne tout le
développement de l'enfant. C'est pourquoi une attention particulière
doit être réservée au fonctionnement des yeux (avec des contrôles
ophtalmiques et des observations de la vision fonctionnelle). Chez
l'enfant trisomique 21, le développement visuel suit un parcours
différent; déjà lors des premiers contacts mère enfant, on constate un
décalage: ce contact s'établit vers 7 ou 8 semaines et se prolonge vers
67 mois et continue à intervenir pendant les semaines et les mois qui
suivent. Ce contact exclusif favorise et renforce le lien affectif avec
la mère, mais il risque de limiter la découverte de son environnement.
Il faut donc être vigilant et encourager l'enfant trisomique 21 à
s'intéresser à d'autres stimulations visuelles (car on peut dire, que
l'acuité visuelle se développe en relation aux stimuli reçus). Cela sera
plus efficace en proposant du matériel bien contrasté, comme du
noir/blanc. L'habileté visuomotrice peut également présenter un retard
de développement (hypotonie générale), raison pour laquelle il serait
très profitable pour l'enfant de l'exercer. En particulier la
coordination des mouvements oculaires verticaux et horizontaux, ainsi
que la fixation et la poursuite d'un objet. Voici quelques éléments qui
indiquent aux parents le besoin de contrôles par des professionnels.
Chez le bébé, s’il:
-
ne réagit pas à la lumière
-
réagit fortement ( inconfort significatif à la lumière)
-
ne montre pas d'intérêt pour les visages
-
ne recherche pas le contact visuel (à partir de 6-7 mois)
-
ne sourit pas à partir de 6 semaines
-
ne montre pas d'intérêt pour des objets en mouvement
-
ne regarde ni ses mains ni les objets
-
n'attrape pas les objets qu'on lui tend
-
n'oriente pas son regard vers une source sonore
-
a des mouvements irréguliers ou des errances des yeux.
Chez l'enfant, s’il:
-
montre des limitations importantes dans sa motricité globale
-
est maladroit, se heurte fréquemment
-
ne cherche pas un objet qui disparaît de son champ visuel
-
ne se baisse pas pour ramasser un objet qui tombe
-
ne réagit pas aux mouvements brusques d’un tiers
-
tient des objets ou des images très près de ses yeux
-
ne réagit pas aux mimiques et au langage corporel
-
ne montre pas d'intérêt pour les images, les photos et les
livres
-
ne réagit pas ou tardivement dans des jeux de miroir
-
a de la peine à enfiler des perles, faire des puzzles,
construire des tours ou faire des jeux de construction (motricité fine)
-
ne reconnaît pas les visages des membres de son entourage
-
présente des positions inhabituelles de la tête et du corps
Si vous observez une ou plusieurs de ces indications, il serait
impératif de consulter un spécialiste: le pédiatre ou l'ophtalmologue.
Le Centre pour handicapés de la vue de Lausanne se tient volontiers à votre
disposition pour répondre à vos questions.
Bibliographie:
-
Rondal, Jean A. : Le développement du langage chez l'enfant
trisomique 21, Manuel pratique d'aide et d'intervention, Pierre Mardaga
éditeur, Série Psychologie et Sciences humaines, 1986.
-
Source: Conférence de M.Jean A Rondal,1986
-
Dr Susan LudingtonHoe, Eveillez l'intelligence de votre bébé, ed
Jclattès, 1987
-
Marci Hanson : L'insegnamento al bambino Down, Guida pratica per
l'intervento precoce, ed: Erickson, 2003
CPHV -
Centre pédagogique pour handicapés de la vue
Av. de France 30
CP 133 1000 Lausanne 7
Tél. : 021 626 87 50
Fax : 021 625 02 46
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