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Publié le 8 juillet 2011

Quelle école pour nos enfants handicapés? Intégration en classe «normale» ou école spécialisée?

Juin 2005 –  Les Perce-Neige N° 90

Pour les parents d’un enfant handicapé, le choix d’une école est difficile.
Dans la plupart des pays européens la tendance est d’intégrer les enfants en classe «normale» avec un soutien pédagogique pour l’enseignant.
Quelle peut être la motivation des parents à vouloir intégrer leur enfant en milieu «moins» protégé, alors que, à priori, toutes les conditions semblent meilleures à l’école spécialisée: environnement «protégé», classes à effectif réduit, enseignants spécialisés, ergothérapeutes, orthophonistes et autres spécialistes.

L’intégration dans la société et la capacité à être autonome requiert un apprentissage de vie normale et doit se faire dès l’enfance.
Plusieurs études démontrent qu’un élève handicapé intégré à l’école a des contacts sociaux plus larges et réussit mieux son intégration professionnelle. (1)

Nos enfants handicapés ont, comme chaque autre enfant, le besoin d’être acceptés et reconnus par leurs pairs dans leur quartier, leur village.
Toutes les occasions de contacts sociaux avec des enfants non handicapés (à l’école, sur les places de jeux, dans les clubs de sport et les sociétés locales) sont une source d’émulation bien plus grande que de ne côtoyer que des enfants handicapés à l’institution spécialisée.
Ces «modèles» que l’enfant côtoie dans l’environnement local favorisent le développement du langage et la capacité de contacts sociaux.

L’apprentissage de l’autonomie, les déplacements à pied ou en bus scolaire sont un moyen naturel d’apprentissage de la sécurité routière.

La qualité de vie des personnes handicapées est diminuée par les a priori négatifs à leur égard. Le fait de «voir» des personnes handicapées évoluer dans la société normale a une incidence positive sur la manière dont la société perçoit le monde des handicapés.

Quand un enfant est intégré dans une classe «normale» les autres enfants apprennent à respecter la différence: la solidarité et la tolérance se développent.
Dans de telles classes la qualité de l’instruction se trouve enrichie et les performances scolaires de l’ensemble de la classe s’en trouvent améliorées. (2)

L’apprentissage de la lecture et de l’écriture (tel que prévu dans le programme scolaire ordinaire) soutient le développement du langage, de la mémoire et du raisonnement. L’intégration réussie mène également à une meilleure maîtrise du calcul et de la culture générale. (3)

En Angleterre, les performances scolaires des élèves intégrés ont largement dépassé les attentes des enseignants. L’intégration facilite également les relations entre l’enfant et sa famille car il expérimente la vie de tous les jours: repas en famille, trajets à l’école, etc. L’enfant a les mêmes copains que ses frères et sœurs.

Plusieurs facteurs favorisent une intégration réussie:

  • L’ouverture et la volonté de l’enseignant et de la direction de l’école.
  • Les possibilités de soutien pédagogique par les enseignantes spécialisées.
  • Une bonne collaboration entre tous les intervenants.
  • La détermination et la lucidité des parents qui sont le véritable «moteur» de l’intégration et qui ne doivent pas perdre de vue l’objectif final:

La qualité de vie et la plus grande autonomie possible de leur enfant handicapé devenu adulte.

Mary Boland-Bourgnon , Maman d’un enfant handicapé

Références:
(1) Down Syndrome news and update (UK) Volume 2, issue 1. p. 24-28
(2) Intégration: l’école en changement: Haupt 2001, Isaline Panchaud Mingrone et Heidi Lauper. p. 103
(3) Down Syndrome news and update (UK) 08.2002, p. 46-54

 


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